Novembre – Le COVID ou le suicide professionnel et social

Marie-Montibert-Photo-Mariage-Automne-Chateau-Vaulruz-Romantic-Jeux-154

“Novembre – Le COVID ou le suicide professionnel et social” A l’origine, je voulais écrire quelques mots pour rendre les gens attentifs à la situation provoquée par le Covid dans ma newsletter et puis finalement, ces quelques mots sur l’état professionnel et social des gens qui m’entourent en ce mois de Novembre sont devenus des paragraphes et puis une colère à sortir. Alors je la reprends plus succinctement dans ma newsletter mais j’en parle plus librement ici.

NOVEMBRE,

Je te disais le mois dernier que j’étais heureuse et sereine de la direction qu’avait pris ma vie professionnelle ces derniers mois. Je suis fière d’avoir bossé avec acharnement et d’avoir réussi à garder la tête hors de l’eau.

Mais là de suite, j’ai peur. J’ai peur. Pas pour moi. Car je pense que tout ira bien pour moi, même si la situation est borderline. Même si je suis fatiguée de me battre et de devoir gérer confinement après confinement. Je pense avoir les ressources pour m’en sortir.

Non j’ai peur pour les autres. Mes proches. Mes partenaires. Mes fournisseurs. Les proches, collègues et amis de mes proches. Tout m’impacte.

Le COVID a des répercussions que la majorité des gens n’imagine pas. Parce que assis dans son canapé on regarde la télé. Une télé dont les médias relatent ce qu’il y a de pire, vous insuffle une peur irraisonnable, et vous donne encore plus envie de regarder la suite le lendemain. Comme une addiction à une série malsaine.

En oubliant de parler des autres. Les médias oublient de parler ceux qui restent sur le carreau à cause de cette crise sanitaire, de façon directe ou indirecte. On parle de fatigue de compassion pour les soignants. Les soignants… Ils ont un grand rôle dans cette histoire. Oui c’est vrai je ne leur enlève rien. On parle de fatigue mentale dûe au COVID pour les étudiants. Sérieusement? J’ai été étudiante. J’ai bossé comme une dingue pourtant avec 3 heures de transport par jour et j’avais même un job àcôté le weekend, je n’ai jamais été dans cette situation de savoir si j’allais manger à la fin du mois. Je vivais chez mes parents. Et puis au pire on retape une année et c’est fini. On a parlé des postiers, des professeurs. Pourquoi ne parle-t-on pas des autres? Mais tous les autres? Tous les autres qui galèrent? Et des conséquences indirectes?

Novembre – Le COVID ou le suicide professionnel et social

En l’espace de quatre semaines, depuis le début du mois de novembre et l’annonce de nouvelles restrictions, j’ai dû repousser à nouveau un mariage. C’est mon salaire du mois de novembre qui saute et je ne sais pas si je pourrais obtenir quelque chose de l’assurance perte de gains. Et pour être tout à fait honnête 1300.- chf par mois au lieu de 4000.- chf ça ne fait pas lourd. Ca aide et on va pas cracher dessus. Mais le manque à gagner est énorme… Au mois de décembre j’ai un autre mariage et je prie pour qu’il ait lieu, même si je suis résignée…

Et en janvier? Et l’année prochaine? J’ai 17 mariages l’année prochaine dont 7 reports qui ne me permettront pas de prendre de nouveaux couples et donc 7 weekends bloqués pour lesquels je ne pourrai gagner de salaire. Ils couvriront les pertes de 2020. Alors je vais en prendre plus. Peut être 22 ou 23. Mais si 2021 est la copie de 2020, comment vais je faire pour obtenir de quoi vivre? Je développe le services aux artisans et le boudoir thérapeutique. Mais est ce que ce sera suffisant? Je verrai. Je suis fatiguée d’avoir peur depuis des mois, sans voir le bout du tunnel.

A l’origine je voulais vous parler dans cette newsletter de ce que j’ai pu observer autour de moi et au manque d’attention des gens par rapport à cette situation des laisser-pour-comptes des médias. Je te disais que j’avais les ressources pour m’en sortir mais malheureusement ce n’est pas le cas de tous.

Rien que autour de moi, une amie, corde au cou, a dû fermé boutique y perdant son investissement et tout le travail qu’elle a investi pendant 7 ans. Un autre n’en peut plus de gérer les arrêts et les quarantaines de ses 40 employés, les fermetures, les échéances à payer alors que rien ne rentre et tombe en dépression et un père de famille se suicide… et je ne vous parle pas de ces restaurateurs à qui on dit de fermer alors qu’ils ont investi tout ce qu’il leur restait après la première vague – et cela se compte en milliers de francs – pour respecter les normes d’hygiène. Et aujourd’hui nous le savons tous, ils sont fermés et certains pour bien longtemps.

Marie-Montibert_Mariage-Automne_Gruyere-Golf-Romantique-Rose-Nude_818_BLOG

Novembre – Le COVID ou le suicide professionnel et social

Voilà ce que le COVID apporte réellement dans nos vies… Elle est là, la réalité. Il est là, le mur dans lequel nous fonçons depuis le mois de mars et cette fameuse décision de mettre à l’arrêt complet tout un pays, tout un continent parce que nos gouvernements diminuent chaque année un peu plus le budget du secteur hospitalier et ne leur donne pas les moyens de faire. Il y a aussi les directeurs de ces centres qui n’ont pas été capables d’apprendre de la première vague de mars, d’en tirer les conséquences nécessaires au bon fonctionnement et d’anticiper la deuxième vague. C’est une fois qu’elle était sur nous tel un tsunami que les hôpitaux ont décidé de créer des lits.

Pourquoi avoir tant attendu avant d’envoyer des malades dans les hôpitaux de Suisse Alémanique qui se tournent les pouces? La Suisse Romande a bien accueillie des français lors de la première vague. C’est cette désorganisation à tous les niveaux qui aujourd’hui met notre économie, nos vies! à l’arrêt. Pour ne pas surcharger des urgences déjà limitées ont met la vie de tous les autres en péril. Et ça on s’en moque. On l’oublie, on n’en parle pas.

On ne parle pas de ces aides qui n’aident pas vraiment. De ces chefs d’entreprises qui ne voient pas le bout et qui tombe doucement en dépression. Se suicident. On ne parle pas de ceux qui résignaient décide de déposer le bilan mais pour la fin d’année afin de permettre à leurs employés de se retourner. On ne parle pas de ces entreprises qui se sont investis dans la mise aux normes pour finalement fermer la porte. On ne parle pas de ces entreprises qui ont plus de charges et de factures à payer que d’aides qui rentrent et cela depuis 8 mois! On ne parle de ces chefs d’entreprises qui n’ont droit à rien et ne se versent plus de salaires depuis des mois. On ne parle pas de ces gens qui n’ont plus de revenus, des conséquences sur leur vie.

Déprime, divorce, internement, suicide. On ne parle pas de ceux qui perdent tout. Et en désespoir de cause, s’ôte la leur.

Et ce mur… ce mur transparent qui nous sépare. Ces liens sociaux qui font que j’aime les gens et je leur montre. Que je partage avec eux leur tristesse ou leur joie. Qui font l’essence même des réactions sociales. Entre amis et en famille. Ils nous sont interdits. J’ai vu ma famille 1 semaine en 1 an. Mon fils de 5 ans le vit très mal. Il ne peut pas voir ses grand-parents dont il est si proche, ni sa tante, si son oncle, ni ses arrière-grand-parents, ni son cousin. Je ne peux pas voir les miens non plus comme je le voudrais. Je n’ai pas vu mon neveu plus de 2 fois depuis sa naissance en septembre 2019. Facetime c’est bien mais ça ne fait pas tout.

Le contact. Le partage. C’est si important. C’est inhérent à qui je suis.Alors ce mur transparent qui nous sépare. Ce mur invisible qui me détruit. Qui nous détruit tous quand allons-nous décider de le faire sauter. Je préfère mourir demain mais mourir entourée de ma famille que de mourir dans 10-20 ans et d’avoir passé ma vie seule.

Il faut que ça change et maintenant. Avant que nous tombions tous. Que les entreprises ferments les unes après les autres, que les chiffres du chômage n’augmentent. Avant que nous perdions le peu d’humanité qu’il nous reste. Il faut dire STOP! pas au COVID car c’est impossible, et nous allons devoir vivre avec, mais STOP à cette façon de la gérer. A cette façon de la vivre.

Novembre – Le COVID ou le suicide professionnel et social

Ici en Suisse, nous sommes chanceux. Seuls les évènements et les restaurateurs / bars sont en berne. Notre vie n’est que peu bouleversée. Ma vie professionnelle l’est. Mais je comprends et j’accepte. Un mariage est un cluster potentiel. J’accepte pour le moment. Mais il faudra rapidement se rendre à l’évidence que les mariages sont aussi nécessaires au bonheur des gens et d’une population. Les évènements familiaux heureux sont nécessaires à notre survie. S’il n’y a pas de joie. Il n’y a pas d’espoir et sans espoir il n’y a plus rien. J’accepte. J’accepte parce que pour le moment c’est financièrement gérable.

Par contre je ne comprends pas pourquoi les restaurateurs et les bars ont interdiction formelle d’ouvrir. Ils ont respecté ce que le gouvernement leur avait demandé. Ils servent à table. Même les bars se sont adaptés pour supprimer les personnes debout en groupe, incontrôlables. Et puis c’est pas la Saint-Patrick tous les jours non plus! Pour être allée au restaurant avant cette nouvelle vague, je ne me suis pas sentie en danger. Au contraire, je me sentais en sécurité. Plus en sécurité que lors que je vais faire des courses au supermarché et que les gens me rentrent dedans. Alors il faut que les restaurateurs ré-ouvrent. Il le faut car ils sont le premier employeur de la Suisse, de la France aussi et que si ils coulent c’est notre économie qui va couler avec eux!

Chère France de mon enfance, je suis bien loin de vous. Et c’est peut être ce qui me sauve ici en Suisse. Ce pays d’accueil qui m’a offert un nouveau départ. Depuis la Suisse je vois. Je vois que l’on restreint vos libertés et que vous ne dites rien. Vous haussez les épaules. Vous vous dites ça va passer, c’est pas grave. Jusqu’au jour où le non-retour sera dépassé. Jusqu’au jour où vous n’aurez plus rien. Savez-vous comment a commencé la seconde guerre mondiale? Par le même couvre-feu que celui du mois d’octobre. Je ne veux pas dire qu’il y aura une nouvelle guerre. Je veux juste dire que les comportements humains à partir de là se sont effondrés. Restrictions de vie, économie explosée, gouvernement de fantoche, survivre, juste survivre. La suite vous la connaissez. A différents niveaux, différents moyens, à différents outils que nous réserve notre avenir?

Chers tous, cher-e toi qui me lit, surtout prend le temps de parler avec tes proches. Surtout si il sont une entreprise, Surtout si ils ont des employés. Surtout si leur business est impacté. Surtout si ils sont au chômage technique et se retrouve confiner chez eux. Surtout si ils sont au chômage tout court parce qu’ils ont perdu leur travail à cause du COVID. Surtout si ils perdent du revenu. Surtout si ils ont des soucis de couple. Surtout surtout si ils se séparent de leur conjoint à cause de la situation ou pas. LE COVID génère une situation inédite. Mais elle n’est qu’un exhausteur, à tous les niveaux. Prend le temps pour eux de les épauler et de les écouter. Tu seras peut être la personne qui va leur sauver la vie.

Le constat est là. Je connais plus de monde physiquement et professionnellement ébranlés par la crise sanitaire que de gens qui on vraiment pâtit du COVID. “De légers symptômes”, “pas plus qu’une grippe”, “rien de bien méchant”, “rien du tout” et puis il y a les personnes à risque, majoritairement déjà malades, affaiblies et âgées. Et les évènements risqués comme les mariages et autres salons. Alors oui protégeons ces personnes en investissant financièrement autour d’eux pour créer un cordon de sécurité efficace. En payant des soignants qui iront à leur domicile. Les médicaments. En dédommageant les employeurs. En dédommageant ceux qui n’ont pas d’autres choix que d’attendre comme mes collègues et moi.

Mais protégeons aussi les autres. tous les autres en leur donnant la liberté de travailler et de faire perdurer une économie fragile. Tôt pou tard cette argent sera dépensé, soit maintenant pour être efficace, soit demain pour les chômeurs et les arrêts maladies longues durées… Un argent provenant d’une dette qui ne sera pas remboursée. Hop… Effacée! Incroyable! Alors pourquoi s’embeter?

Novembre – Le COVID ou le suicide professionnel et social

On ne parle pas de tout ça. On le murmure entre nous. Avec cette personne. L’air presque honteux. Moi j’en parle. j’en parle depuis Mars. Mais les gens n’étaient pas prêts à écouter. Maintenant les gens commencent à comprendre. Tu commences à comprendre. Si je ne parle pas aujourd’hui de cette colère et de ce que je ressens, de cette injustice croissante, je m’en voudrais. Alors je le fais pas aujourd’hui et je ne pourrai pas me reprocher de n’avoir rien dit ou rien fait. Je veux pouvoir dire sans être hypocrite, t’as rien fait! Comme dit Zazie, “J’étais la pour compter les morts, J’étais la et je n’ai rien fait, Et je n’ai rien fait, J’étais-la pourtant, J’étais la et je n’ai rien fait.” Et ça je ne le veux. J’ai peur. Pour mes proches. Pour mes ceux de mes proches. Pour les gens.

Alors je fais à mon niveau. Je l’écris, je fais parler, j’espère. Parler c’est avancer. C’est solutionner. Alors chaque parole que tu prononceras pour sauver ton voisin en amènera une autre, jusqu’au jour où le murmure sera une voix commune et que le murmure se fera entendre.

Ce n’est sans doute pas l’endroit. Mais je ne savais pas où aller l’écrire alors ce sera ici. Et si ça ne vous plait pas ce n’est pas grave. C’est qu’au moins vous aurez lu! Alors toi, tu vas faire quoi?

Marie-Montibert_Photo_Mariage-Automne_Chateau-Vaulruz_Romantic-Jeux_154

Partage sur :
Share on facebook
Share on twitter
Share on pinterest
Share on linkedin

Leave a Comment

Social Media

Les plus lus

Pour tout savoir

Abonne-toi à ma newsletter

Promis je ne t’enverrai pas de spams! Une newsletter à la fin du mois et des offres vraiment intéressante!

A la une !

Mes posts qui ressemblent

Se Marier ou Eloper En Automne

Se marier ou eloper en automne La plupart des personnes que je rencontre désirent se marier au printemps ou en été. Mais depuis que j’habite

Une famille Incroyable

Une famille incroyable A l’automne, au cœur de la forêt de Bouleyres (Bulle), je retrouve la famille incroyable, j’ai nommé la tribu Rolle : Florence, Valentin